Canicule au travail : quelles sont les obligations de l’employeur en 2026 ?

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Chaque été, les épisodes de fortes chaleurs se multiplient en France. En Provence, où les températures dépassent régulièrement les 35 °C, de nombreux dirigeants s’interrogent : Puis-je faire travailler mes salariés ? Existe-t-il une température maximale ? Quelles sont mes obligations en tant qu’employeur ?

Ces questions sont légitimes, d’autant que la réglementation a évolué ces derniers mois afin de mieux protéger les salariés exposés aux épisodes de chaleur intense.

Contrairement à une idée reçue, le Code du travail ne fixe pas de température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler. En revanche, il impose à l’employeur une obligation générale de sécurité : il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale de ses salariés.

Depuis le 1er juillet 2025, un décret est venu préciser les mesures de prévention à mettre en œuvre lors des épisodes de chaleur intense, en particulier lorsque Météo-France place un territoire en vigilance jaune, orange ou rouge.

Alors, quelles sont concrètement vos obligations en tant qu’employeur ? Et comment vous assurer d’être en conformité ?

Le Code du travail impose-t-il une température maximale ?

C’est probablement la question la plus recherchée sur Google chaque été.
La réponse est non.

À ce jour, aucune température maximale n’est fixée par le Code du travail pour arrêter automatiquement une activité.

En revanche, cela ne signifie pas que l’employeur est libre de ne rien faire.

L’article L.4121-1 du Code du travail impose à tout employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés.

Autrement dit, lorsque les températures deviennent particulièrement élevées, l’entreprise doit adapter son organisation afin de limiter les risques liés à la chaleur.

Que prévoit le décret entré en vigueur en 2025 ?

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, applicable depuis le 1er juillet 2025, est venu renforcer les obligations des employeurs face aux épisodes de chaleur intense.

Désormais, lorsque Météo-France déclenche un niveau de vigilance pour canicule, l’employeur doit évaluer les risques et mettre en place des mesures adaptées à la situation.

Ces mesures peuvent notamment consister à :

  • adapter les horaires de travail afin d’éviter les périodes les plus chaudes de la journée ;
  • réorganiser certaines tâches lorsque cela est possible ;
  • mettre à disposition de l’eau potable fraîche en quantité suffisante ;
  • prévoir des pauses plus fréquentes ou des temps de récupération supplémentaires ;
  • aménager les postes de travail pour limiter l’exposition directe à la chaleur ;
  • fournir des équipements adaptés lorsque l’activité l’exige.

Ces mesures devront être adaptées à l’activité exercée et aux risques réellement encourus.

Toutes les entreprises sont-elles concernées ?

Oui. Même si certains secteurs sont naturellement plus exposés – comme le BTP, les travaux agricoles, les espaces verts ou les métiers exercés en extérieur – les fortes chaleurs peuvent également impacter :

  • les commerces ;
  • les ateliers ;
  • les entrepôts ;
  • les bureaux mal climatisés ;
  • les professions libérales.

Une température excessive dans un bureau peut entraîner :

  • une baisse de concentration ;
  • une augmentation des erreurs ;
  • de la fatigue ;
  • voire un malaise.

La prévention ne concerne donc pas uniquement les entreprises travaillant en extérieur.

Quels risques en cas de fortes chaleurs ?

La chaleur n’est pas qu’une question de confort.

Elle peut provoquer :

  • une déshydratation ;
  • des crampes ;
  • un épuisement lié à la chaleur ;
  • un coup de chaleur, qui constitue une urgence médicale.

Les salariés les plus vulnérables sont notamment :

  • les femmes enceintes ;
  • les personnes souffrant de certaines pathologies ;
  • les travailleurs isolés ;
  • les salariés exerçant des efforts physiques importants.

C’est pourquoi la prévention est essentielle.

Le Document Unique d’Évaluation des Risques doit-il être mis à jour ?

Oui, si votre activité est concernée.

Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) doit prendre en compte les risques liés aux fortes chaleurs lorsque ceux-ci sont susceptibles d’avoir un impact sur la santé des salariés.

Cette mise à jour permet ensuite de définir les mesures de prévention les plus adaptées à votre entreprise.

Pour beaucoup de dirigeants, c’est un point souvent oublié.

Pourtant, il fait partie intégrante de l’obligation générale de prévention.

Que conseille le Cabinet Desbrosse ?

Au-delà de l’obligation réglementaire, les épisodes de chaleur intense invitent les entreprises à revoir certaines habitudes d’organisation.

Au Cabinet Desbrosse, nous recommandons à nos clients de ne pas attendre les premières alertes météo pour réagir.

Quelques actions simples permettent souvent d’anticiper :

  • vérifier que le DUERP est à jour ;
  • sensibiliser les managers ;
  • prévoir des consignes internes en cas de vigilance canicule ;
  • adapter les horaires lorsque cela est possible ;
  • informer les salariés sur les signes d’alerte.

L’objectif n’est pas uniquement d’être conforme à la réglementation.

Il est avant tout de protéger les collaborateurs tout en assurant la continuité de l’activité.

Si vous souhaitez être accompagné dans vos obligations sociales ou la gestion RH de votre entreprise, découvrez également nos missions d’accompagnement des employeurs et notre expertise en droit social.

Bon à savoir

Une alerte canicule ne signifie pas automatiquement que le travail doit être interrompu.
En revanche, elle impose à l’employeur d’évaluer les risques et de mettre en place des mesures de prévention adaptées à la situation de son entreprise.
Chaque activité nécessite donc une analyse spécifique.

En résumé

  • Le Code du travail ne fixe aucune température maximale pour travailler.
  • L’employeur a une obligation générale de protéger la santé de ses salariés.
  • Depuis le 1er juillet 2025, les mesures de prévention en cas de chaleur intense ont été renforcées.
  • Les entreprises doivent adapter leur organisation lorsque les conditions climatiques l’exigent.
  • Le DUERP doit intégrer le risque lié aux fortes chaleurs lorsqu’il est pertinent.

FAQ

Existe-t-il une température maximale autorisée au travail ?

Non. Aucune température maximale n’est prévue par le Code du travail. L’employeur doit toutefois adapter les conditions de travail afin de protéger la santé des salariés.

Un salarié peut-il refuser de travailler lorsqu’il fait très chaud ?

Il n’existe pas de droit automatique de cesser le travail en raison de la chaleur. En revanche, si le salarié estime être confronté à un danger grave et imminent, le droit de retrait peut être invoqué sous certaines conditions, appréciées au cas par cas.

L’employeur doit-il fournir de l’eau ?

Oui. Les salariés doivent disposer d’eau potable fraîche en quantité suffisante. Cette obligation existe déjà et prend une importance particulière lors des épisodes de fortes chaleurs.

Le télétravail est-il obligatoire pendant une canicule ?

Non. En revanche, lorsque cela est possible, l’employeur peut adapter l’organisation du travail, y compris en ayant recours au télétravail si cela permet de réduire les risques.

Les obligations concernent-elles uniquement le BTP ?

Non. Toutes les entreprises sont concernées dès lors que les fortes chaleurs peuvent avoir un impact sur la santé et la sécurité des salariés.


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